Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /Nov /2009 10:49
L’AIS reprend, poursuit et développe ses actions en 2009-2010


Chers stylisticiens, vous avez été sans doute nombreux à éprouver des difficultés pour consulter le site, ou mettre à jour les informations vous concernant. Devant les problèmes techniques que nous avons rencontré, et étant donné le choix que le bureau a fait de ne pas recourir à des personnes rémunérées pour les diverses tâches qui sortent pourtant de ses compétences étroites, nous optons pour le transfert du site que vous connaissiez vers un blog, plus facile à gérer, et auquel chacun de ce fait pourra recourir plus aisément, et plus volontiers : beaucoup d’entre vous par exemple avez cherché à mettre vos coordonnées à jour, et n’y êtes pas parvenus. Ce sera désormais chose aisée.
Vous pourrez également très facilement faire passer les informations dont vous disposez, et qui intéressent la communauté universitaire, et stylisticienne, en particulier concernant les colloques et manifestations diverses ; mais aussi les publications, et autres événements disciplinaires. Comme les années précédentes, nous vous engageons fortement à faire de ce site votre objet, et à y voir le débouché naturel des nombreuses activités que vous menez chacun dans votre université.

Il importe en effet que la stylistique sorte de la situation ambiguë dans laquelle elle se trouve, et qu’elle obtienne la reconnaissance qui lui est due. Car nous voyons chaque jour combien la maîtrise fine des discours, la capacité à s’emparer de ceux-ci, à les analyser ou à les reformuler, à les recycler dans d’autres domaines sont aujourd’hui valorisés, combien tous les échelons de la société jusqu’au plus haut niveau sont acquis au crédit accordé au discursif. Plus que jamais donc, il revient à notre discipline de jouer un rôle de premier plan.

Vous savez que la date approche du deuxième colloque de l’Association de stylistique, qui se tiendra cette fois à l’université de Caen. Vous connaissez l’argumentaire, qui a déjà été diffusé l’année dernière, et que nous vous rappelons :

S'il y a du style dans une production textuelle – mais la question se poserait avec pertinence pour d'autres modes de production – cela tient à la mise en oeuvre de la langue, comme système abstrait, par une entité qui imprime sur la structure sa singularité. Mais cette proposition est largement insuffisante pour cerner notre objet : la parole, par définition, est actualisation de la langue par la singularité énonciative. Mais de nombreuses études montrent combien l'expression singulière est en réalité constituée de séquences préétablies, aussi bien dans la reproduction de patrons syntaxiques, ou de formules courantes, que dans les discours plus élaborés, où la phraséologie s'impose beaucoup plus fortement qu'on ne le pense a priori. Et les saillances singulières sont elles-mêmes à interpréter avec soin : une mise en perspective synchronique, mais aussi et peut-être surtout diachronique permet de donner à des faits pris de manière ponctuelle – et peut-être, ainsi isolés, perçus comme singuliers – une résonance tout autre. Le singulier vient alors s'inscrire dans une série langagière d'abord insoupçonnée, et c'est cette inscription, plus que le fait en lui-même, qui permet de lui donner une valeur stylistique – valeur elle-même variable précisément en fonction des contextes que la mise en série parviendra à établir.    
Fait de langue, fait de style, ces expressions ont l'inconvénient majeur de reléguer le style à la facticité, et entraînent peut-être certaines études dites stylistiques vers une « rhétorique restreinte ». Le colloque que nous envisageons se propose précisément de poser la question du style entre fait (qu'il soit de langue ou de style) et résultante textuelle, entre évaluation locale et globale.
− on pourra partir d'un certain nombre de questions autour de la notion de « faits de langue/style ».
− peut-on parler de « faits » au sens d'éléments repérables, isolables et descriptibles en soi ?
− un « fait » ou un faisceau de faits a-t-il une valeur assignable ?
− peut-on élaborer une périodisation littéraire à partir de l'histoire des valeurs des « faits » ?
− le fait de style n'est-il pas la désignation du travail d'écriture lui-même ? Et comment le décrire ?
− on pourra également se poser la question de l'efficacité de ces interrogations dans l'approche des textes, et de leur pertinence dans la pratique des enseignants. Une réflexion de type pédagogique sur les retombées des recherches menées dans un colloque disciplinaire paraît extrêmement utile.

Nous ferons sous peu un appel à communication officiel, mais nous vous invitons d’ores et déjà à fourbir vos armes !

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